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Récit d’observateurs belges à Calais

jeudi 29 novembre 2007, par exiles10


Un samedi de novembre à Calais,

"Erythrée",

(Le manque de progrès dans le travail de délimitation frontalière entre l’Éthiopie et l’Érythrée, l’accumulation de matériel militaire dans la Zone temporaire de sécurité et la persistance des tensions entre les deux pays restent très préoccupants.

C’est ce qu’affirme le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon dans son dernier rapport en date rendu public aujourd’hui (7/11/2007) sur la situation à la frontière entre les deux pays et sur les activités de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée)

"Tchad",

(Tchad : l’état d’urgence décrété au Nord et à l’Est

Le gouvernement espère mettre un terme aux violences intercommunautaires

Le Tchad a décrété l’état d’urgence pour douze jours dans l’Est et le Nord du pays, suite à des violences intercommunautaires entre Zaghawa et Tama. Cette mesure, qui pourra être prolongée, intervient alors que l�Europe a autorisé, lundi, le déploiement de 3 000 soldats dans l�Est du Tchad et le Nord-Est de la Centrafrique. Octobre 2007).

"Kurdes",

(On compte aujourd’hui environ quatre millions de Kurdes en Irak, soit 18 % de la population du pays. On compte aussi 15 millions de Kurdes en Turquie (24 % de la population du pays), 6 millions en Iran (18 %), 80 000 en Syrie (8 %) et quelque 115 900 disséminés en Arménie, en Géorgie, en Azerbaïdjan, au Turkménistan, en Kirghizie et au Kazakhstan. En outre, on estime que 700 000 Kurdes se sont réfugiés dans divers pays d’Europe.)

"Iran, Irak, Afghanistan "

Voici quelques réponses à la question "d’où venez-vous, qui êtes vous ?" obtenues de la part des migrants rencontrés.

Mais où étions-nous lorsque nous leur avons posé cette question ? Dans des camps de réfugiés ? En Lybie ? en Italie ? Non, chez nos voisins, à Calais.

Qui dit Calais, dit ville portuaire de la Manche, ligne directe vers l’Angleterre. Angleterre, terre d’accueil, terre de travail, terre de papiers, terre de toutes les espérances.

C’est là que veulent se rendre toutes ces personnes migrantes à la rencontre desquelles nous nous sommes rendus samedi 17 novembre dernier à Calais.

Le rendez-vous était pris sur la place de la Mairie avec l’association Salam (Soutenons Aidons Luttons Agissons pour les Migrants et les Pays en difficulté) qui assiste les migrants à Calais.

L’autocar venu de Gent est bourré, mais bourré de couvertures, pulls, sacs de couchages et vivres récoltés et apportés en renfort pour Salam. Fièrement J. indique qu’ils apportent (entre autre !) pas moins de 300 conserves de pâtes préparées. "Cela sera juste suffisant pour un repas" lui est-il répondu.

Le groupe composé principalement d’une délégation de Gent et de quelques "bruxellois" se divise sur la place. Une partie accompagne les responsables de Salam au local pour le déchargement, l’autre partie se rend directement "chez" les migrants.

Nous voilà donc "chez" eux. Imaginez un canal, la berge, la route le long de ce canal, rien d’autre qu’une cabane fermée (qui contient quelques ustensiles appartenant à Salam) et des palettes de bois entassées de-ci de-là. Ce sont ces palettes qui servent de combustible. Les groupes sont en cercle autour des feux. Il fait 5°C, l’humidité de l’eau, un petit vent, mais heureusement, pas de pluie.

Voilà, c’est là, sans aucun abri, assis à même le sol, sans protection, à ciel ouvert, sans toit d’aucune sorte, c’est là, et c’est comme cela, que ces personnes attendent leur tour. Une semaine, un mois, deux mois, c’est selon. En attendant les instructions du passeur ils trainent, parlent, tentent de se réchauffer les mains nues, les pieds chaussés de vielles baskets trouées et trempées.

Ils ont quitté leur pays, sont passés par la Lybie. Là-bas c’est l’enfer, c’est sans pitié.

Les morts dans le désert et dans le canal de Sicile, les tortures et les violences sexuelles dans les centres de rétention financés pas l’Italie, les déportations dans le Sahara, les expulsions collectives au large de nos mers, les rapatriements des réfugiés sur les vols payés par Rome, les déportations depuis Lampedusa, les homicides dans les commissariats, les abus des passeurs et les attaques racistes à Tripoli. Tout ce qu’il ne faut pas savoir sur le Pays auquel l’Italie et l’UE ont confié la garde des frontières du sud, à la veille des contrôles (..) L’observatoire sur les victimes des migrations :

RAPPORT SUR LES CONDITIONS DES MIGRANTS DE PASSAGE EN LIBYE. Fortress Europe) (à lire)

Ceux qui possèdent de l’argent paient donc les passeurs reprennent le s camions. Seuls les plus "chanceux" arrivent jusqu’ici. La durée du voyage varie d’une à cinq semaines.

En cercle, autour du feu de palettes, ils nous parlent, nous demandent conseil ( !), nous expliquent leurs espoirs et nous disent que leur voyage n’a pas de retour.

Je demande "pourquoi avoir quitté votre pays ?" un jeune homme me répond "war, war" joignant le geste de tir de mitraillette à la parole. Un autre me fait le geste du cou tranché�

Des érythréens grelottant nous parlent de conflits armés, un grand homme du Darfour nous questionne "pourquoi n’allez-vous pas voir au Darfour, au Soudan quel enfer c’est ? Pourquoi n’allez-vous pas aider les populations et apporter à manger ?"

Autre groupe, autre pays, Irakiens, Kurdes, un homme d’une quarantaine d’année explique "mon fils de 12 ans est malade". Il me présente son fils et me montre son cou très enflé, "seul l’Angleterre peut le soigner".

On m’entraîne voir une famille afghane, deux frères d’une effrayante maigreur à peine capables de sourire, une femme accroupie qui reste en dehors de la discussion et leur fillette de 5 ans et 6 mois me précise-t-on. Ils sont ici depuis 2 mois et une semaine !

Ce n’est pas vrai, je me pince, c’est un film d’horreur, c’est un cauchemar ! Deux mois sur une berge à Calais, en France, en Europe, celle-là même qui se gausse d’avoir réalisé depuis 50 ans la paix et le progrès, l’Europe qui donne des leçons

Deux mois à dormir dans les bosquets avoisinants, toujours à la belle étoile. Et quand il pleut ? Eh bien, ils sont mouillés, leurs couvertures, leurs vêtements aussi. Et quand la police patrouille de nuit munie de torches ? Eh bien ils sont chassés, gazés, leurs maigres biens confisqués et détruits.

13h30 heure de la soupe : une file d’environ 200 personnes se forme sans que l’on ne sache d’où elles sortent.

Les bénévoles humanitaires de Salam distribuent, il faut maintenir l’ordre sinon c’est la ruée.

Nous nous rendons ensuite dans la "jungle",petit coin de bois dans les dunes. C’est ici qu’ils passent la nuit avec comme toit le ciel. Qu’il vente, qu’il neige, qu’il gèle, qu’il pleuve.

Certains se sont confectionné des cabanes de fortune. Nous nous sentons très mal à l’aise d’aller ainsi "visiter" ces coins, mais le faisons afin de voir, voir pour y croire, voir pour le dire.

Retour sur la berge, ce lieu qui semble entouré d’une invisible clôture. Là bas, les migrants ne semblent pas inquiétés. Pas question d’en sortir cependant, la police veille. Les magasins environnants leur interdisent l’entrée. Les habitants vivent "en parallèle", comme nous l’explique un voisin qui précise, comme pour s’excuser, qu’à Calais aussi il y a beaucoup de misère parmi la population.

Soudain mon regard se pose sur une scène incroyable : des hommes sont en train de se laver au seul robinet au bord de l’eau. La nuit est en train de tomber, il doit faire 3°C maximum et ces gens se lavent ainsi, sans savon, sans serviettes. à l’air libre. L’un deux nous rejoint, il vient de se laver les cheveux et tente de se réchauffer quelque peu au feu.

Le repas du soir est "servi", toujours par les équipes de bénévoles de Salam, près du phare. Là, au bord de l’eau, sur les quais, à quelques mètres du bateau amarré dans l’attente du départ pour l’Angleterre, les repas chauds sont distribués.

Ce soir-là ils furent 380 à en recevoir. Ici aussi une file interminable, des bénévoles qui surveillent le bon déroulement et interviennent au cas où des resquilleurs voudraient dépasser. "Je le fais pour les relations humaines", nous confie un bénévole, "pas juste pour donner à manger, ce ne sont pas des animaux".

Sur une table de fortune, un carton rempli de médicaments : une soignante distribue à la lueur de la torche à l’un une cuillérée de sirop, à l’autre un cachet, panse l’une ou l’autre plaie ou nettoie des yeux souffrants.

La distribution de couvertures pour la nuit s’achève par un "c’est fini pour aujourd’hui", bien qu’une vingtaine de personnes soient encore dans la file.

La gorge sérée, nous les voyons s’éloigner vers la "jungle". Nous, nous rentrons en Belgique, autre terre d’accueil n’est-il pas ?

Geneviève Parfait (LDH Belgique)

novembre 2007

 
 
   
   
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